
INVESTITURE DES MOUVEMENTS DE JEUNES
AU PALAIS DES CONGRES DE L’HOTEL IVOIRE
SAMEDI 15 MARS 2008
MOT DU PRESIDENT
Chers amis jeunes, je me souviens comme si c’était hier ; mais il ya trois ans déjà, au cours d’une manifestation de protestation, plusieurs personnes ont été fauchés par une mort brutale et violente tout près d’ici. Je voudrais avec votre permission que nous nous levons pour leur dédier une minute de silence.
Mesdames et Messieurs, Présidents de conseil d’administration, Directeurs généraux de sociétés, Messieurs, chers parents et chefs traditionnels, chers frères et sœurs des différents mouvements de jeunes, honorables invités, chers amis jeunes ;
Je vous remercie pour votre présence si nombreuse dans ce lieu mythique qui porte un nom célèbre et cher à nous tous : le palais des congrès FHB, qu’il soit bénit pour avoir tant fait pour la Côte d’ivoire et son peuple.
Vous êtes venus nombreux de Cocody, d’Adjamé, de Koumassi, Marcory, Yopougon, Abobo et même de l’intérieur du pays. La plupart d’entre vous ont reçu l’information de cette cérémonie il y a seulement quelques heures. Tant de sympathie, tant de ferveur me procure, croyez-moi une réelle satisfaction.
Je voudrais vous remercier et féliciter particulièrement le comité d’organisation avec à sa tête le Dr KOUAME KAN .
Ce 15 mars sera à coup sûr gravé dans notre mémoire quoiqu’il arrive. En effet, c’est le véritable point de départ. Nous voulons que les choses changent. Nous le voulons parce qu’elles peuvent changer effectivement.
Nous avons commencé cette cérémonie par une prière, ensuite nous avons chanté l’Abidjanaise, et prier pour nos morts : voilà le vrai ordre, ne l’oublions jamais.
Nous allons reprendre les choses à partir de là où elles ont commencées à se gâter. A partir de nos comportements individuels, de non cœurs d’abord, à l’école, chez les jeunes.
En effet, au commencement était le verbe mais brusquement, le verbe est devenu haut, fort, violent et confligène. Les protestations sont devenues violentes, la jeunesse a suivi et on a tué sans émotion ; après, le fait de tuer est devenu banal.
C’est pourquoi si nous voulons changer la Côte d’ivoire, commençons par changer nous-mêmes. Aidons la jeunesse à changer car comme dit le sage, « dis moi quelle est ta jeunesse et je te dirais quelle sera ta nation ».
C’est pourquoi depuis trois ans, j’ai élaboré onze recommandations à l’intention de la jeunesse, distribuées sous forme de calendriers de poche. Faites-en votre chair et votre sang.
Mais à ce stade de mon propos, je voudrais situer le cadre de cette cérémonie : nous sommes là pour procéder de façon solennelle et symbolique à l’investiture des mouvements de soutien à ma modeste personne.
Mais cela va bien sûr au-delà de notre ambition, qui est de bâtir une nouvelle nation. Nous voulons construire avec vous une nouvelle Côte d’ivoire : il est donc indispensable de reconstruire ce pays déchiré avec une nouvelle jeunesse.
En effet, c’est pour elle que nous allons faire tous les sacrifices. Ce matin, symboliquement, nous avons choisi quelques groupes. Et après cette investiture, nous allons construire deux grands mouvements de jeunesse : un mouvement de jeunes filles et un mouvement pour les hommes. Qui vont tous aller à la conquête de la Côte d ‘ivoire.
Nous avons chanté l’hymne national de la Côte d’ivoire, l’Abidjanaise : ce n’est pas qu’une chanson, il faut que nous l’apprenions à la lettre. Elle nous dit :
• que notre pays est une terre d’espérance,
• qu’il est un pays d’hospitalité et
• que notre devoir est d’être un modèle promis à l’humanité. Est-ce que nous en sommes conscients ?
• en forgeant tous unis dans la foi nouvelle la patrie de la vraie fraternité.
Je voudrais que la jeunesse prenne conscience de notre responsabilité en tant qu’Ivoiriens.
Nous sommes là aussi ce matin pour que je vous annonce officiellement que j’ai après de mûres réflexions, décidé de me lancer dans la politique : J’ai décidé d’être candidat à la candidature aux prochaines élections.
Malheureusement, beaucoup de personnes pensent qu’on m’a envoyé. Est-ce que vous, vous avez été envoyé par quelqu’un ? Vous êtes venus de vous-mêmes.
Je me rappelle que j’ai été envoyé pour faire la douane et j’ai fini de faire la douane. Mais personne ne m’a envoyé pour faire la politique.
Si quelqu’un m’a envoyé, vous la connaissez : cette personne m’a envoyé non pas pour moi-même, mais pour les Ivoiriens. Elle m’envoie pour vous les jeunes.
J’ai entendu : GNAMIEN, tu travailles depuis sept ans, mais tous tes frères continuent de souffrir. Et cette personne m’a dit d’aller pour mes jeunes frères qui n’ont pas de travail.
Va et n’insulte personne, parle posément, ne gesticule pas car ton pays la Côte d’ivoire est déjà en guerre contre elle-même. Ne verse pas d’huile sur le feu. Va, rends les honneurs aux anciens, à ceux qui t’ont précédé.
Cultive envers eux de la reconnaissance, ils ont fait ce qu’ils ont pu, ils n’ont pas démérité. L’Afrique attend sa Côte d’ivoire.
N’aie crainte :
• ceux qui pensent que c’est un vent se dresseront contre toi
• ceux qui pensent que c’est un trône te combattront.
Elle m’a dit n’aie crainte :
• ceux qui pensent que c’est un gâteau à partager se dresseront contre toi ; ils te chasseront, te livreront à la vindicte populaire.
N’aie pas peur, les jeunes, les femmes, les Ivoiriens seront à tes côtés. Ils prieront pour toi, jeûneront pour toi, mèneront un combat héroïque. Ne te pose pas de question sur ta fortune, car ta richesse ce sont les Ivoiriens.
Oui chers amis, la Présidence de la république n’est pas ce qu’on nous a dit, ce n’est pas un trône, c’est un job, un travail à faire ; c’est plus qu’un job : c’est un « djôssi ». Et je veux être votre « djôsseur », le « djôsseur » qui ne prendra jamais de repos tant que le dernier d’entre vous n’aura pas trouvé de travail ; celui qui correspond à ses compétences.
On va sortir de cette crise, les preneurs d’otage vont libérer la Côte d’ivoire, avec ou sans rançon ; c’est devenu une affaire d’argent.
Chers amis jeunes, la campagne n’a pas commencé, je ne vais pas vous écrire un livre, un programme de gouvernement que je ne respecterais jamais ; ce que tout le monde attend.
J’ai un seul programme de gouvernement : trouver du travail pour chaque Ivoirien, car tout le reste c’est du bavardage : c’est le travail seul qui donnera à chaque Ivoirien sa dignité. C’est par lui que les jeunes cesseront de faire de faire de la politique à l’école.
Alors je vous demande de vous mettre en ordre de bataille pacifique, partout en Côte d’ivoire, annoncez la bonne nouvelle.
Tous les Ivoiriens aiment le football ; le slogan des joueurs de Liverpool à leurs supporteurs : « you will never walk alone » c'est-à-dire « vous ne marcherez plus jamais seul ».
Allez dire aux preneurs d’otage que nous n’allons plus jamais les laisser marcher seul. Allez dire aux Ivoiriens qu’ils ne marcheront plus jamais seul. Allez annoncer la bonne nouvelle à la Côte d’ivoire, belle, laborieuse et éclatante qui respectera tous ses engagements.
Cette Côte d’ivoire qui est une terre d’hospitalité, le modèle de l’espérance promise à l’humanité.
Allez dire chers amis jeunes, de bouche à oreille, que le défi n’est pas pour moi tout seul, qu’il est aussi le vôtre.
Je me suis levé pour sonner la cloche, pour être votre mascotte, pour marcher devant vous. La jeunesse Ivoirienne est debout, elle veut aller à l’école, apprendre un métier, participer à la construction de la Côte d’ivoire, elle ne veut pas faire autre chose.
Voilà le message :
• mettez vous en ordre de bataille pacifique, démocratique,
• respectez l’opinion des autres,
• n’insultez personne, priez pour ceux qui ne comprennent pas.
Avançons ! Si nous avançons ensemble, la victoire nous ait promise !
Je vous remercie pour votre attention et votre grand nombre.
C’est un début, au mois d’avril, ce ne sera plus dans les salles que nous ferons nos réunions, mais dans les stades pour parler haut et fort et dire aux Ivoiriens que la jeunesse est debout.
Je vous remercie.
GNAMIEN KONAN